Résumé des Corsaires 2018

Cette 9e édition du Triathlon des Corsaires s’est avérée pleine de surprises, d’enjeux, de fils rouge, de rebondissements. Mais quel spectacle encore une fois !
Lentement, dès 7h, l’équipe de bénévoles – triathlètes et parents des jeunes de l’école de l’Aviron Bayonnais Triathlon – ont commencé à s’affairer aux montages des structures. Tentes et barnums, tables, panneaux d’affichage, parc vélo, barrières, le tout sous une petite pluie fine qui n’enlevait que peu au moral des troupes sur le déroulement de l’épreuve mais faisait se questionner quant au format triathlon ou duathlon.

Contre vents et marées

Corsaires 2018Il aura fallu attendre 9h pour connaître le verdict concernant la qualité de l’eau de baignade, jour d’ouverture des postes de surveillance dans la baie de St Jean de Luz. Sans appel, la mairie de Ciboure nous délivrait un feu vert catégorique, immédiatement relayé sur les réseaux sociaux de l’épreuve.
Dès lors, le crachin s’est dissipé et quelques taches de ciel bleu sont apparues au loin. Les premiers retraits de dossard s’effectuaient avec les enfants déjà prêts à en découdre, ou du moins à se défouler après quatre jours de pluie intense. Habitués de l’étape, les jeunes de La Tribu 64 (Baudreix) et de St Paul les Dax avaient fait le déplacement pour se confronter aux avironnars. Ils se connaissent bien, se retrouvant sur chaque épreuve ouverte aux moins de 13 ans dans la région.

Maintenant que la baignade était assurée, un autre fait devait être pris en compte par l’organisation : le fort coefficient de marée. En effet, le coef du jour s’annonçait à 100 le matin et 98 l’après-midi, c’est à dire des marées très marquées entre basse et haute mer (le marnage). La marée basse tombant durant les épreuves des jeunes, le directeur de course Pierre-Yves Bigot a décidé de réduire la distance de course à pied en fonction de la longueur à courir sur le sable pour rejoindre le parc à vélo. Histoire que ça reste cohérent sur la distance globale.

Les petits corsaires

Corsaires-2018 : Manon Pommé
Manon Pommé

Le soleil faisait mine de darder ses rayons au moment de mettre les 6-9 ans dans l’eau pour la première compétition de la journée. Aucun n’a fait cas de l’eau à 19° c au moment de plonger pour les 50 mètres de nage, la motivation était la plus forte. Les filles Cassandra Buch et Manon Etchepare sortaient les premières de l’eau, vite rattrapées sur le parcours vélo par les garçons. Nathaniel Deisting Schandeler (La Tribu 64) bouclait les 1500m de ce triathlon en 7mn58 devant Simon Lachieze et Titouan De Failly (Aviron Bayonnais), tandis que Manon Etchepare (St Paul les Dax) terminait 4e au scratch et première féminine en 8mn13.

Les 8-11 ans prenaient le relai pour 2,1km de course. Les athlètes en devenir de La Tribu 64 ont une nouvelle fois fait une démonstration. Notamment Alex Riverie a dominé de bout en bout avec une aisance prometteuse, déposant ses adversaires à une minute pour s’imposer en 12mn18. Derrière lui, on a pu voir les avironnars Lola Grassi et Esteban Buch sortir du parc à vélo en bonnes places, mais les deux furent doublés par Adrien Reynouard dans la dernière portion. Lola Grassi (Aviron Bayonnais) termine 4e au scratch et première féminine en 13mn51.

La sortie de l’eau des 10-13 ans laissait présager d’une course où, une nouvelle fois, les filles allaient se mêler de près à la lutte avec les garçons. Car Manon Pommé de La Tribu atteignait l’aire de transition en tête, suivie à quelques longueurs par Esteban Vanhoutte de Capbreton. À ce stade, on pouvait compter pas moins de cinq filles dans les douze premiers. Et si les garçons réussirent à remonter lors du vélo et de la course à pied, c’était sans compter sur une Manon Pommé (La Tribu 64) intouchable qui termine devant Lucas Alagarda (Aviron Bayonnais) et Esteban Vanhoutte (Capbreton Triathlon).

Sous le soleil exactement…

Il se montrait enfin, faisant tomber les vestes et s’emplir la plage de Socoa. Romuald à la musique et Cédric à la buvette réjouissaient nos oreilles et nos gosiers. Le debrief du match de l’équipe de France de foot faisait jaser tandis que les préparatifs du XS s’opéraient. Le parc à vélo ouvert et c’étaient près de deux cent trente concurrents qui s’installaient. Aguerris, intéressés ou débutants, tous avaient à cœur de se jeter à l’eau. Parmi eux, un groupe se distingue avec ses VTT Cube bleu et sa bonne humeur immanquable. C’est l’entreprise EVS qui s’est lancée le défi de participer et, si possible, de terminer. Du pur novice, de la vraie découverte, le plaisir et l’osmose avant tout.
Ce Triathlon des Corsaires attire des athlètes de la région, et aussi bien au-delà : Pau, Bordeaux, La Rochelle, Angoulême, Limoges, Issy, Rouen, Agen, Tarbes, Toulouse, Les Angles, Lyon, Metz, Saint-Anne (Guadeloupe), San Sebastian, Pampelune, et on en oublie… Et si parmi ceux-ci vous vous étonnez de ne trouver que très peu de compétiteurs de l’Aviron Bayonnais Triathlon, c’est simplement que nous étions tous mobilisés pour vous préparer au mieux cette belle épreuve.

Une dernière mise au point et le staff est parti se disséminer sur le parcours vélo, un parcours fermé à la circulation pour assurer une sécurité optimale aux concurrents le temps de leur passage. Et quel parcours ! Celui de la corniche reliant Socoa à Hendaye, un lieu aussi dangereux que majestueux, vallonné sans aucune zone plane, sinuant sur une falaise dominant l’océan. Un lieu qui fait aussi la réputation de ce triathlon.

La découverte du XS

Corsaires-2018 : la CornicheLe coup de trompe retentit à 15h45 pile-poil et la ruée vers l’eau se fit à grandes enjambées, surtout pour les premiers rangs. Une natation durant laquelle se détachait rapidement Romain Pujol de Mérignac, sorti de l’eau avec vingt secondes d’avance sur Felix Delgado et Gaspard Lacombe de Carbon-Blanc. Mais ce bénéfice s’est très vite estompé avec une transition totalement ratée de Romain qui se fait déjà reprendre plus de quinze secondes par les Dimitri, Raynouard de La Tribu et le tarbais Destang. Ce dernier prenait alors son envol en avalant les dix kilomètres de vélo à plus de 36km/h de moyenne en 16mn32, reléguant ses adversaires à une minute. Le vainqueur 2017 Théo Segoviano (Tarbes Triathlon) entamait une superbe remontée avec le troisième meilleur temps vélo et le meilleur temps de la seconde transition. Les trois kilomètres de course à pied furent dominés à presque 16km/h par le montois Thibault Butel en 11mn31, lui permettant de reprendre près d’une minute quinze sur Dimitri Destang. Insuffisant ou trop tard, car Thibault termine au pied du podium derrière Dimitri Destang (Tarbes Triathlon) qui s’impose en 37mn10, Félix Delgado (Carbon-Blanc) et Romain Pujol (Mérignac Triathlon) revenus fort sur la fin. À noter que Félix est encore minime.
La Tribu prenait d’assaut le podium féminin avec un tir groupé de la jeune Agathe Lotz, 23e au scratch en 42mn37, et ses consœurs Marie Issoulie 24e et Emma Danglade 26e.

Un M sur le fil

Ils étaient 313 à s’élancer en individuel sur la distance olympique en fin d’après-midi. Une natation âpre pour certains, musclée pour d’autres, et comme chez les 10-13 ans, dominée par une femme, Emmanuelle Bescheron, ancienne nageuse de haut niveau et multi médaillée internationale en sauvetage côtier dont un titre mondial. Elle parcourait les 1500m en 18mn15. Seul Benoit Kuentz (Aviron Bayonnais) et Frédéric Pierrat (La Rochelle Triathlon) s’accrochaient réellement à ses pieds, gérant le train. Une image marquante, celle d’Emmanuelle sans lunettes lors de la « sortie à l’australienne ».

Corsaires-2018 : Benoit Kuentz
Benoit Kuentz

Les deux triathlètes expérimentés ont profité de la transition pour creuser un premier écart, en 41 secondes pour Benoit. Écart accentué avec un parcours vélo roue dans roue durant lequel le bayonnais et ancien cycliste très prometteur aura tenté plusieurs attaques sans succès. Le ciel bleu, le soleil se reflétant sur l’eau, un léger vent de travers, une route sécurisée, le draft autorisé, un tracé sans zone plane qui laisse quelques répits stratégiques, les deux protagonistes bouclent les quarante kilomètres en 1h06m30. Le meilleur temps revenait alors au montois Kévin Deschamps qui, sorti 57e de l’eau, reprenait deux minutes trente en 1h04m04 pour s’immiscer à la 7e place.
Rien de perdue sur la transition suivante pour les deux premiers, et c’est parti pour le final en course à pied. Benoit Kuentz faisait rapidement la différence sur Frédéric Pierrat, lui assenant une attaque imparable dès le premier kilomètre. Le bayonnais grattait même cinquante secondes sur son dauphin, mais voyait ses espoirs de victoire s’évaporer lorsque Kévin Deschamps le passa à l’orée du dernier kilomètre. Le montois sortait une course dantesque à plus de 18km/h de moyenne en 32mn44.

La course féminine avait très bien débuté pour Emmanuelle Bescheron de Capbreton qui établissait le meilleur temps scratch natation, reléguant à deux minutes sa première adversaire Audrey Monchecourt (Girondins de Bordeaux). Une superbe transition permet à Léa Maraval (Rouen Triathlon) de passer la bordelaise en montant sur le vélo. Mais la différence viendra de la madrilène basée à Bordeaux Rocio Chavez Gonzales qui bouclait les 40km en 1h09mn48, prenant deux minutes à Audrey et surtout douze minutes à Léa et vingt à Emmanuelle. Audrey et Rocio entamaient la course à pied ensemble, suivie de près par la paloise Joséphine Blaix. Dès lors, plus rien n’arrêta Rocio Chavez Gonzales (Iron Sport Bordeaux) qui claquait les 10km en 39mn02 devant Audrey Monchecourt (Girondins de Bordeaux Triathlon) et Joséphine Blaix (Pau Triathlon).

Ne rien lacher !

C’est ce qu’à dû se répéter Kévin qui a su grapiller les cinq minutes de retard de sa natation pour terminer avec cinquante-quatre secondes d’avance à l’issue des 51,5km. Pour l’histoire, cet ancien footballer pro, qui tient tout de même un 31’04 sur 10km, a découvert le triathlon à la télévision il y a quatre ans. Depuis il est inarrêtable.
Kévin bat sur le fil le triple vainqueur de l’épreuve Benoit Kuentz, finisher de l’IronMan d’Hawaii 2014. « Il y avait beaucoup de vent à vélo et je pense qu’on s’est un peu trop marqué […avec Frédéric Pierrat…]. On a été franchement prétentieux parce qu’on pensait que c’était gagné. J’ai bluffé. J’ai essayé de lui mettre des agathes à vélo puis à pied pour le fatiguer. Mais quand au dernier demi-tour j’ai vu Deschamps, je savais que ce serait difficile », explique Benoit.

Un grand merci

L’équipe de l’Aviron Bayonnais Triathlon tient à remercier tous les concurrents, petits et grands, tous les spectateurs, les partenaires, l’Urkirolak Triathlon, la municipalité de Ciboure, le soleil,…
Les espadrilles Arsene pour leurs lots bien sympathiques.
– Guillaume Primault – Osteopathe du Sport qui a dénoué, revitalisé, conseillé pas mal de concurrents.
Triumph TBC pour leur apport sur nos gobelets.
– ainsi que ceux présents sur notre banderole :
Corsaires-2018 : partenaires

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